Notre programme de recherche

Recherches à l'initiative de la Commission scolaire Kativik : pour des décisions éclairées

La Commission scolaire Kativik a un grand défi à relever en sa qualité de première institution responsable de préparer les jeunes du Nunavik à affronter le XXIe siècle. Son double mandat exige la promotion des valeurs inuites et la prestation aux élèves d’une éducation qui leur permette de participer pleinement à la société moderne (rapport annuel, CSK, 1985). Ce défi est d’autant plus complexe que: 1) la Commission scolaire Kativik est jeune, n’ayant vu le jour qu’en 1976; et 2) il lui faut satisfaire les besoins de jeunes dont les parents, pour la plupart, ont peu d’expérience de l’éducation formelle.

Pour répondre à ce défi, la commission scolaire ne peut simplement emprunter des programmes ordinaires et les appliquer à l’enseignement au Nunavik. La commission scolaire utilise (et devra continuer d’utiliser) à bon escient des programmes bien documentés en provenance de différentes régions du Canada et de partout dans le monde, choisissant des programmes conçus pour des groupes qui, comme les Inuits du Nunavik, sont confrontés au problème d’éduquer des élèves d’une minorité dont la langue maternelle est autre que la langue dominante. Au regard de la langue d’enseignement, la commission scolaire a opté pour une forme d’éducation bilingue pour assurer que les élèves non seulement acquièrent des connaissances dans les matières à contenu, mais en arrivent à posséder l’anglais ou le français aussi bien que l’inuktitut. Cette approche cependant exige des programmes et du matériel dans les trois langues. Il y a moyen d’avoir des programmes en anglais ou en français puisque des programmes d’études et du matériel existent déjà en abondance dans ces deux langues et on ne manque pas d’enseignants compétents. Même s’il a fallu modifier plusieurs de ces ressources pour les adapter aux conditions particulières du Nunavik, les ressources de base existaient déjà. Bien plus redoutable était la tâche de trouver et de former des enseignants inuits compétents ainsi que d’élaborer des programmes et du matériel en inuktitut. Au début, ces ressources n’étaient pas qu’insuffisantes, mais inexistantes.

Il n’est donc pas étonnant que la commission scolaire ait consacré une si grande part de ses ressources à la formation d’enseignants, d’administrateurs et de spécialistes de l’éducation ainsi qu’à la création de matériel inuktitut. Il en résulte une forme véritable d’enseignement bilingue où dans les petites classes, généralement de la maternelle à la deuxième année, les élèves sont scolarisés en inuktitut sous la conduite de maîtres inuits, puis à compter de la troisième année optent pour la filière française ou anglaise jusqu’à la fin du secondaire. À chaque échelon, un nombre modeste d’heures est prévu pour l’enseignement de l’inuktitut et de la culture inuite.

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